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Au début du
XIXème siècle, Metz est allemande, et
les milieux politiques sont bien conscients de la frustration
créée par
l'annexion de l'Alsace et de la Moselle. Pour l'Allemagne, il faut se
préparer à assumer la guerre sur deux fronts. L'un
à l'est contre les
Russes et l'autre à l'ouest contre les Français et les
Anglais. La
stratégie connue sous le nom de Plan Schlieffen vise à
garantir une
victoire rapide à l'ouest pour ensuite basculer les
armées à l'est. Sur
ce point, on comprend l'importance de la logistique, et notamment du
chemin de fer.
A l'ouest, il est
prévu
d'envahir la France par la Belgique et le Luxembourg, par un pivot dont
le centre logistique est Metz. Il faut donc protéger cette
dernière par
une ceinture de fortifications.
Le Fort
de Verny est projeté à cette époque, afin de
protéger la vallée de la
Seille. Cette mission doit être facilitée par une
inondation défensive.
Il verrouille ainsi tout le sud du front de Metz. Il peut cracher
jusqu'à deux tonnes d’obus à la minute grâce
à ses pièces de 5.3, 10 et
même 15 cm.
Construit entre 1904 et
1910,
le fort prend le nom de Feste Wagner, du nom de Julius Wagner,
général
allemand responsable de l'A.K.O. Le fort fait partie des ouvrages de
deuxième génération, il a pu
bénéficier des dernières innovations,
autant dans le domaine de l’armement que des commodités de vie.
Il
bénéficie d’un luxe sans pareil pour l’époque :
chauffage central,
toilettes, four à pain, usine électrique,
téléphone, eau courante... Le
tout avec une solidité à tout épreuve grâce
à l’utilisation nouvelle et
massive du béton et de l’acier, et grâce à la
création d’un véritable
réseau de galeries souterraines, d’une très grande
dispersion sur le
terrain : plus de 40 ha !
Durant la première guerre mondiale, le fort n'intervient que
pour
soutenir le front, et ne souffre d'aucun combat. Son artillerie se
révèle efficace. Sa position de base arrière lui
permet de se voir
décoré de superbes fresques présentes encore
aujourd’hui.
En 1918, comme l’ensemble
des forts de Metz, il est
livré sans combat à l’armée française qui
est époustouflée par le génie
technologique et le luxe de ces ouvrages. L'armée
française en tirera
des enseignements qui lui seront très précieux lors de la
construction
de la future ligne Maginot.
La construction
de cette dernière fait que, pendant l’Entre-Deux-Guerres, le
fort sert
de dépôt pour des pièces d’artillerie lourde sur
voie ferrée.
Durant
la seconde guerre mondiale, il sert successivement d’usine souterraine
puis de base arrière à des unités allemandes qui
luttent contre les
Américains lors de la bataille de Metz en 1944.
Après la 1945, le fort ne sera pas remilitarisé, mais
simplement
maintenu en l'état, puis malheureusement pillé dans les
années 1970. En
1982, l'ADFM (Association pour la Découverte de la Fortification
Messine) le prend en location à l'armée et, après
avoir réalisé les
aménagements nécessaires, l'ouvre à la visite.
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